Jeanne de Divion, fille de Jehan de Divion (sosa 18153472), convaincue d’avoir établi de faux documents pour la succession d’Artois, est brûlée vive en 1331.

la succession d’Artois

L’Artois est érigé par Saint Louis en comté pairie en faveur de son frère Robert qui meurt pendant la croisade en Egypte en 1250. Son fils Robert II comte d’Artois sera tué à la bataille de Courtrai en 1302. Le fils de Robert II, Philippe d’Artois était décédé avant son père lors de la bataille de Furnes en 1298, c’est Mahaut la fille de Robert II qui devient comtesse d’Artois sous la suzeraineté du roi de France et conformément à la coutume d’Artois.

Très vite, Robert III, fils de Philippe d’Artois, et comte de Beaumont le Roger, revendique le comté d’Artois contre sa tante Mahaut. Dès 1316, il est en lutte contre Mahaut avec quelques barons d’Artois. Mais en mai 1318, la cour des pairs le déboute de ses prétentions.
Vers 1328, il intente un nouveau procès devant le parlement. Robert III veut prouver qu’au mariage de son père Philippe le comte Robert II a exprimé sa volonté que la succession d’Artois aille à la descendance de Philippe plutôt qu’à Mahaut.

Jeanne de Divion

Jeanne de Divion offre ses services à Robert d’Artois pour fournir les preuves.
Jeanne de Divion était l’épouse de Pierre de Broyes, écuyer. Sa mère était une Louchard, d’une famille célèbre d’Arras. Elle s’était séparée de son mari pour devenir la concubine de Thierry d’Hirson, confesseur et principal ministre de la comtesse Mahaut, devenu évêque d’Arras en juin 1328. Il aurait inscrit Jeanne sur son testament, mais c’est la comtesse Mahaut qui est l’exécutrice testamentaire et Jeanne ne verra jamais son héritage. C’est par rancoeur que Jeanne propose son aide à Robert d’Artois.
La mort de Mahaut en novembre 1329 précipite la procédure. Le roi Philippe VI prend le comté d’Artois sous sa garde en attendant le jugement.
Le 14 décembre 1330, le parlement examine les documents fournis par Robert d’Artois. Ce ne sont que des faux grossiers. Jeanne de Divion est convaincue d’avoir confectionné les faux. Robert d’Artois est déchu de ses droits. Il sera condamné au bannissement le 6 avril 1332 et se ralliera au roi d’Angleterre Edouard III.

Jeanne de Divion est condamnée par la cour des pairs et brûlée vive à Paris au marché aux pourceaux près de la porte Saint Honoré le 6 octobre 1331.

 

Jeanne de Divion, par Andrieux, 1861