Jean Glasson, dit Parrain (sosa 1070), son frère Pierre, son fils Jacques, font partie des corsaires flamands qui opèrent depuis Dunkerque sous les guerres menées par Louis XIV, en particulier pendant la guerre de la ligue d’Augsbourg (1688-1697) et la guerre de succession d’Espagne (1702-1713). Les familles Bart, Betten, Bommelaer, Glasson, Saus… donnent les plus grands noms des capitaines corsaires de Dunkerque.
les commandements de Jean Glasson, capitaine corsaire
Jean GLASSON navigue jusqu’à la fin de la guerre de la ligue d’Augsburg en 1697 :
Commandant la Trompeuse: 30 tonneaux, en 1690
Commandant le Saint François de Paule: 60 tonneaux, 8 canons, en 1690
Commandant la Friponne, en 1691
Commandant l’Entreprenant, en 1692
Commandant la Levrette en 1692
Commandant la Triomphante, en 1693
Commandant les Trois-Minimes, en 1694
Commandant la Revanche: 200 tonneaux, 24 canons, en 1696
Commandant la Sirène, 24 canons, 4 pierriers, 150 hommes, 10 mortiers, en 1697
Il reprend des commandements avec la guerre de Succession d’Espagne qui commence en 1701 :
Commandant la Couleuvre, 20 tonneaux, 6 canons, 2 pierriers, 52 hommes en 1704-1705
Commandant le St-Pierre en 1707
Commandant l’Amitié, 150 tonneaux, 20 canons, 6 pierriers, 63 hommes en 1708
Commandant la Diligente, 8 canons, 2 pierriers, 44 hommes en 1708
Commandant le Cheval-du-Prince en 1708
les coups d’éclat de Jean Glasson
En 1691, Jean Bart force le blocus de Dunkerque ; il est rejoint par une douzaine de capres avec Gaspard Bart, Ferdinand van Danenberg sur le Saint Joseph , Cornil Saus, Jean-Baptiste Berlemont, Jean Glasson, Charles Jacobsen, Michel Kerlinck, Jean Willemsen, Antoine Schepen, Dierick Pleite, qui feront écrouer des otages en août et septembre 1691.
En juillet 1693, un vaisseau du roi, la Nymphe, commandé par Julien Lenormand, rencontre une escorte de capres entre Douvres et Calais: Charles Jacobsen, Gilles Ringoet, Nicolas Baeteman, Gaspard Bart et Jean Glasson. Ils attaquent un convoi de sept navires escorté par deux vaisseaux de guerre de 28 à 30 canons et de 16 à 18 canons. pendant que Lenormand s’occupe des bâtiments de guerre, les corsaires font quatre prises convoyées à Boulogne et à Dunkerque.
Le 22 février 1697, une flotte de 14 capres attaque les convois ennemis. Les 14 capres comptent 1500 hommes et 300 bouches à feu, avec les capitaines Jacques Bart, Cornil et Jean Saus, Charles Jacobsen, Pierre et Jean Glasson, Alexandre Carpentier, Nicolas Bateman, Mathieu de Prey, Direick Pleite, Cornil de Werdt, Mathieu de Wulf, Jacob Cosyn, Piette Segaerdt. Les corsaires ramassent tous les marchands, trois d’entre eux poursuivent les fuyards. Ils rentrent à Dunkerque le 24 septembre avec 20 prises valant de 600 000 à 900 000 livres.
Le 9 décembre 1704, sur la Couleuvre, Jean Glasson capture avec Jean De Wulf un navire colonial hollandais le Sainte Catherine.
En 1707, André Bart, cousin issu de germain de Jean Bart, sur la Reconnaissance, navigue en escadre avec Michel Vanstable, Cornil Saus, Baeteman, les deux Glasson, Cornil Bernard, et Vandenbusche.
petites histoires entre corsaires
Si les corsaires flamands de Dunkerque se forment souvent en escadre informelle, les relations avec les autres corsaires ne sont pas toujours cordiales.
en 1695
“La frégate de Henri Fourmentin, dit Bernard, baptisée la Chambre-des-comptes, quitte Dunkerque le 28 novembre 1695, prend deux flûtes hollandaises devant le Texel le 1er décembre. Le 17 décembre, alors qu’il en poursuit une autre, il est chassé par deux frégates qui l’obligent à revirer. Il constate qu’elles sont françaises, mais elles font amener avant lui la flûte poursuivie. Il reconnait Jean Glasson et Jean Janssen et leurs frégates la Revanche et le Mars. Des hommes de la Revanche envahissent son bord en armes, maltraitent l’équipage et démolissent à coups de hache les écoutilles du fond de cale où il tenait enfermés 14 prisonniers, pillent les hardes et l’argent qu’ils trouvent. Il exhibe sa commission pour prouver qu’il est de Dunkerque mais on lui jette des grenades, on coupe ses pavois et envoie par-dessus bord ses haubans, avirons, mâts de rechange, les cuillers et les refouloirs de ses canons. Les hommes de Glasson crient « Duves Franchemans » en se retirant avec le drapeau français déchiré.
Fromentin les suit à bord de la Revanche, se plaint et réclame les hardes et l’argent pillé. Il retrouve son pavillon dans la culotte d’un second canonnier. Glasson lui administre une paire de soufflets et le couvre d’injures, lui reproche de porter préjudice aux autres en faisant la course puisque le roi le paie et le traite de misérable parce qu’il sert le roi. Sur la menace de porter plainte, Glasson réplique que « ce qui est pris est pris » , refuse de rien restituer, at ajoute que, s’il n’est pas content, il va couler son navire. Fourmentin regagne la Chambre-des-comptes qui commence à couler, il supplie Glasson et Janssen de la sauver, mais ils refusent et partent dans la nuit. Fourmentin parvient difficilement à Ambleteuse, relâche le 20 à Calais, et arrive à Dunkerque le 22.
Janssen fait un rapport confus, un déclare qu’un coup de canon a coupé un de ses sabords, tué et blessé deux de ses hommes. La brume ne lui permettait pas de distinguer le pavillon de Fourmentin. A la demande de secours, il prétend avoir répondu en engageant le capitaine à le suivre. Les armateurs lésés se plaignent au roi, mais il ne semble pas que l’affaire ait eu d’autres suites.”
en 1696
“Au Havre, Jean Glasson, sur la Revanche, doit accompagner un convoi pour Dunkerque et s’est engagé à hâler le Saint-André du capitaine Ignace Carpels en cas de rencontre avec un ennemi. Mais les matelots du saint-André refusent d’embarquer de peur que Glasson ne tienne pas parole et les abandonne.”
sources
Les corsaires Dunkerquois et Jean Bart (Henri Malo)
Les corsaires du littoral (Patrick Villiers, presses universitaires du Septentrion)
Ces Messieurs du Havre (Jean Marie Delobette)




