Edouard Betoux époux de Marie Céline Bord : une famille de cultivateurs au Peyrat à Naillat (Creuse) ; Benjamin Bord, le frère de Marie Céline, un médecin érudit, relance et développe la station thermale de la Roche-Posay. Les fils d’Edouard Betoux, Fernand et Albert, s’installent également à La Roche-Posay. Fernand y crée la Société des courses, Albert y développe l’exploitation d’eau minérale.
Edouard Betoux est le frère de Clémence Betoux (sosa 29).
dossier établi en collaboration avec la famille Betoux
Aujourd’hui, l’hippodrome de La Roche-Posay propose toujours un prix Fernand Betoux, et le centre thermal est situé rue Benjamin Bord.

Benjamin Bord, médecin et érudit
Marie Céline Bord et son frère Benjamin sont issus d’une famille de maçons et charpentiers de Puy-Léger, un hameau proche du Peyrat et de Dun Le Palestel, sur la commune de Saint Sulpice le Dunois. Ils seront très tôt orphelins de leur mère.
Benjamin est envoyé au lycée de Guéret ou il se distingue par ses brillants résultats.
En 1897, son bac en poche, il commence ses études de médecine à Poitiers. Il en profite pour faire ses premières armes comme rédacteur de la revue estudiantine « Poitiers universitaire ». Il poursuit ses études à Paris en choisissant la voie royale de l’externat des hôpitaux. En 1905, il est interne des hôpitaux de Paris et rejoint l’élite de la médecine française parmi les 58 admis listés dans l’annuaire de l’association. Spécialisé en oto-rhino-laryngologie, il travaille à l’hôpital des enfants assistés et ouvre son cabinet rue de Rome.
Doté d’un goût certain pour la recherche historique et les arts, Benjamin conçoit en 1911 la revue Æsculape, exploitant un créneau inédit pour l’époque : publier « une revue illustrée des lettres et des arts dans leurs rapports avec les sciences et la médecine ». Le succès est total et la revue devient rapidement l’organe officiel de la société internationale d’histoire de la médecine. Elle paraît jusqu’en 1974, et Benjamin Bord la dirige jusqu’aux ultimes jours de sa vie en 1952.
Ses compétences en matière médicale et son sens des affaires l’entraînent vers la création et la commercialisation de nouveaux médicaments. Comme pour le Balza Morhinol, ces gouttes nasales pour soigner les rhumes que l’on a trouvé dans toutes les pharmacies pendant plus de 50 ans. Ainsi que pour le Chlorocalcion , devenu rapidement une grande spécialité française.
Benjamin Bord et La Roche-Posay

Passionné d’histoire, Benjamin Bord découvre en 1920 à la bibliothèque nationale un opuscule daté de 1573 signalant les vertus des eaux qui jaillissaient d’une fontaine à « La Roche de Pouzay ». Il s’y rend et trouve une station thermale en état de faillite.
La faire revivre et la développer est l’œuvre de sa vie : il entre au capital de la société, en devient le principal actionnaire et l’administrateur. Il achète des terrains, fait construire le nouvel établissement thermal, organise l’accueil et la distraction des curistes en s’impliquant dans la construction de l’hippodrome, l’ouverture du casino. Il lance des campagnes publicitaires notamment via son journal Æsculape. Il mobilise sa famille pour le seconder ; ainsi son neveu Fernand Betoux acquiert sa charge de notaire à La Roche-Posay et Albert Betoux rejoint la Société Hydrominérale de La Roche-Posay.
Lettré, érudit, amateur d’art, il avait accumulé une bibliothèque impressionnante, des peintures variées, des sculptures de Rodin et Carpeaux, des tapisseries d’Aubusson et de précieux émaux limousins. Lorsque en 1940, poussé par la guerre il doit déménager précipitamment de Paris pour Dun-le-Palestel, sa bibliothèque pèse 13 tonnes et remplit plusieurs camions.
A sa mort, il lègue au musée de Guéret ses collections d’art et sa bibliothèque ; une salle complète lui a été consacrée. La commune de Dun-le-Palestel recevait sa maison et le parc qui devenaient une école maternelle et l’hospice recevait le bois de Chabannes qu’il avait fait entièrement replanter. Marie-Paule, sa veuve restée sans enfant, décède quelques temps après lui.
Fernand et Albert Betoux à La Roche-Posay
Après l’école communale de Naillat, Fernand et Albert Betoux entrent au Lycée de Guéret pour Fernand, au collège d’Ahun et au lycée Gay-Lussac de Limoges pour Albert.
Fernand poursuit ses études par une capacité en droit à la faculté de Limoges et commence sa carrière notariale comme clerc à l’étude de Maître Ernest Baraige de Naillat. En 1912 il est appelé sous les drapeaux: 3 années de service militaire, avant de servir au 7ème régiment de Hussards pendant les quatre années de guerre.
Albert est incorporé le 17 décembre 1914 à 19 ans au 122ème régiment d’infanterie et va se battre sur le front de l’Oise. Fait prisonnier en avril 1918 à Coucy-le-Château, il termine la guerre en captivité en Allemagne. De retour en France, il reprend ses études interrompues par la guerre à l’École Supérieure de Commerce de Paris puis entame sa carrière professionnelle à la compagnie Optorg
En 1923, Fernand
s’installe à La Roche-Posay pour reprendre l’étude de Maître Vaillant. Il y exercera la charge de notaire jusqu’à la retraite.
La société des courses de La Roche-Posay naît en 1926 à l’initiative de Fernand Betoux et d’un élu local, M. Bordier alors maire de Vicq-sur-Gartempe et conseiller général du canton, tous deux unis par une passion commune. Le 24 octobre 1926, la réunion en mairie de La Roche-Posay, présidée par le maire M. Pineau, décide la création de la société des courses et M. Bordier en est élu le premier président.
La société est parrainée par la société immobilière de La Roche-Posay alors propriétaire du casino, le conseil général et les commerçants de la ville. La première journée de courses se tient le 7 août 1927, elle comprend 6 épreuves. Jusqu’à la fin de sa vie Fernand y assurera ses responsabilités de gestionnaire et secrétaire.
Dans les années 2020 , il existe toujours un prix Fernand Betoux parmi les courses tenues à l’hippodrome de la Roche-Posay.

En 1924, Albert
est engagé au sein de la Société hydrominérale de La Roche-Posay comme directeur commercial. Il s’occupe de l’exploitation et de la commercialisation des eaux embouteillées. L’eau de la source Lucine aux propriétés anti-vomitives est appréciée chez les femmes enceintes et les sujets sensibles au mal de mer : c’était l’eau distribuée sur les paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique (ligne de New-York). Après une extension au marché international l’eau de la source Saint Cyprien a été connue comme étant « l’eau des coloniaux » .A partir de 1927, il développe à Paris dans un hôtel particulier de la rue de Vintimille la « cure thermale en toutes saisons » avec l’eau de La Roche-Posay qui arrivait en tonnelets. En 1942,en pleine guerre, il est nommé président directeur général de la SHRP et vient s’installer avec sa famille à La Roche-Posay. Il y assume cette fonction jusqu’en 1951, date à laquelle il donne sa démission pour se consacrer à l’exploitation de la propriété familiale de Livron sur Drôme.






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